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Quand on arrive aux
Pins, les chats et les chiens sont amicaux et semblent cohabiter en
harmonie. Pas d'agressivité dans le regard des molosses, qui vous
accueillent en remuant la queue. "Ici, il n'y a que des animaux
équilibrés, bien dans leur tête" explique le maître de
maison. L'équilibre: cette qualité a été à l'origine du choix de
Didier Cabrol en faveur des pur sang arabes, "toujours égaux,
au contact facile. Mais aussi polyvalents, agiles et surtout très
endurants. Ils savent tout faire: sauter, parader, galoper..."
note celui qui a acheté son premier cheval à 18 ans, avec sa deuxième
paye d'ouvrier délaineur. " J'ai classé des cuirs pendant 15 ans
le matin. L'après-midi, je m'occupais des chevaux" . Fils d'agriculteur,
Didier n'a jamais reculé devant le travail. Et le dur labeur de l'usine
du Bascaud, à Saint-amans où il est né, ne l' pas éloigné de ses
rêves. " j'ai toujours voulu avoir des chevaux. Dès que
j'ai su, j'en dessinais partout".
Avec 3000 francs en poche, il achète Karina, une jument sans
origine. Un an plus tard, deux compagnons viendront la rejoindre à
Courniou, dans un ranch où il organise des balades. Mais le déclic pour
le pur sang arabe viendra en 1977, avec Jano, un étalon espagnol de
6 ans."j'en suis tombé amoureux" confesse un peu tristement
Didier, qui a perdu son mai la semaine précédente. Avant Jano, le jeune
Cabrol apprend l'équitation, le dressage, avec un moniteur réputé,
Maurice Miellon, de Castres. Il continue à garnir son élevage
d'"anglais", arabes ou selles-français.
Puis Jano et sa classe sauront convaincre Didier d'adopter
l'exclusivité "pur-sang arabe". Les gens le considéraient à
l'époque comme un petit bijou, un joyau dont on fait des photos ou que
l'on admire au pré. Cette mode (qui s'atténue actuellement) confortera
Didier Cabrol dans son orientation. A tel point qu'en 1986, il déménage
de la vallée du Thoré aux collines de Rigautou pour fonder la Jumenterie
des Pins, 100% pur-sangs arabes. " j'ai 12 juments poulinières, 6
étalons et plusieurs dizaines de poulains", nous confie-t-il du bout
des lèvres, car chez les Cabrol on ne se vante pas, la discrétion et la
simplicité sont de miseet les chiffres sont exclus de la conversation,
même si on suppose que les bêtes coûtent des sommes conséquentes:
"ma seule ambition est de vivre de ma passion" .
On comprendra aussi pourquoi les produits de la Jumenterie des Pins sont
demandés par de nombreux propriétaires français et étrangers. Là-bas,
le palefrenier, lad, entraîneur et dresseur sont réunis dans une seule
et même personne: Didier Cabrol. Je ne prends pratiquement jamais de
vacances, quatre à cinq jours par an. Ici, je suis toujours en vacances.
Sa compagne, Brigitte, partage heureusement sa passion pour la
"meilleure conquête de l'homme". Et il y a fort à parier que
le petit David, 2 ans et demi, bercé dès sa naissance par les
hennissements de Desigt de Pau ( champion de France) ou Mozart ("un
crack, il a sailli 32 juments en 94") sera à son tour un mordu de
cheval. Toutefois, il devra, s'il veut reprendre l'entreprise paternelle,
posséder une énergie énorme. La semaine, son temps se partagera entre
les écuries et les immenses prés où les chevaux paissent durant
l'été. S'il lui reste du jus, il suivra son père dans les compétitions
( pas trop), les exhibitions ( le week-end), où Didier et ses compagnons,
Jean-Baptiste et Vincent, montrent leur savoir-faire en matière de
dressage. ( Didier préfère le terme "éducation", moins
coercitif), de travail de longues rênes, en tandem.....Au visage
resplendissant de son géniteur, c'est tout le bonheur qu'on lui souhaite. |