( extraits de Cheval Magazine d'avril 2002 )

    Pour les amoureux du cheval arabe, la "Jumenterie des Pins", à Pont de l'Arn, est bien plus qu'une référence: c'est un rêve éveillé...  Imaginez une centaine de pur-sang arabes, galopant librement sur les causses du Tarn. Avec une passion intacte depuis vingt-huit ans, Didier Cabrol raconte son itinéraire.
    "C'est l'acte de faire naître qui me passionne. Le stud-book du cheval arabe a été mon livre de chevet" , explique ce personnage haut en couleur et généreux, l'un des éleveurs de pur-sang arabes vivant exclusivement de leur activité.
    Pour devenir éleveur, Didier Cabrol n'a pas choisi la voie des diplômes agricoles: "A dix-huit ans, je me levais à trois heures du matin pour aller à l'usine et je travaillais à mi-temps chez un vétérinaire. Petit à petit, j'ai commencé à élever des anglo-arabes et des selles français, pendant cinq ans. Puis j'ai acheté Jano, étalon pur-sang arabe d'origine espagnole, qui a été le fondateur de mon élevage."
   Aujourd'hui, avec un statut d'agriculteur, Didier Cabrol possède sept étalons ( dont le célèbre Mozart), quarante poulinières et une soixantaine de poulains qu'il soigne et prépare à  toutes sortes de disciplines: dressage, obstacle, endurance, show, loisir.... Un travail de titan, qu'il a longtemps effectué entièrement seul: " c'est difficile de s'offrir du personnel. J'ai plus de cent chevaux, et il faut compter environ 1,50 € par jour et par cheval" . Depuis peu, Didier Cabrol se fait aider dans ses tâches quotidiennes par Grégory, un jeune cavalier. Chose rare chez les éleveurs d'arabes, tous ses étalons sont montés et travaillés, ainsi qu'une partie de ses poulinières. Il est vrai qu'aujourd'hui la demande a évolué.
    Le métier d'éleveur, c'est aussi beaucoup de contacts humains: " il passe parfois plus de temps au téléphone qu'avec ses chevaux", précise son épouse Brigitte. Il y a également de nombreux déplacements, par exemple pour reprendre un cheval qui ne convient pas "une règle d'or chez les Cabrol", l'objectif premier étant  de satisfaire le client". Bien sûr, il y a parfois des coups durs:un avortement , un poulain mort-né. .. Mais Didier Cabrol ne s"est jamais laissé abattre. Et quand il fait le bilan de ces vingt-huit années d'élevage, c'est de bonheur dont il parle avant tout : " Je suis toujours plus passionné au fil des ans. En fait, il ne semble pas travailler! " Quand je suis au milieu de mes juments, je suis l'homme le plus fier du monde"......